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États-unis

Brève chronologie du mouvement ouvrier américain

Alain (SUD PTT)

mise en ligne : 27/02/2007

 

1869

Fondation des « Chevaliers du travail » qui, à la différence des syndicats de métier existants, sont organisés par branche d’industrie, sont composés majoritairement de salariés non-qualifiés, et sont ouverts aux femmes puis aux noirs.

 

1880-1890

Grèves et insurrections ouvrières, mouvement populiste paysan. Grève générale le 1er mai 1886 pour obtenir la journée de 8 heures suivie à Chicago de heurts violents avec la police, puis de la pendaison de 4 militants anarchistes l’année suivante. C’est à la suite de ces évènements que le 1er mai est devenu la journée internationale des travailleurs.

Déclin rapide des « Chevaliers du travail » après 1886 au profit de l’American Federation of Labor (AFL), basée sur les salariés qualifiés masculins blancs, et organisés par métier.

 

1900-1919

Grèves dans de nombreux secteurs.

Création des IWW (Industrial Workers of the World) en 1905, qui s’inspirent partiellement de la tradition des « Chevaliers du travail » : organisation des salariés non-qualifiés, et structuration par secteur d’activité. Opposés à l’AFL, les IWW ont une orientation syndicaliste-révolutionnaire proche de celle de la CGT française de l’époque.

Promulgation de lois sociales (Progressive Era).

A partir de 1919, répression féroce des grèves et des militants combatifs. Développement dans les années qui suivent du "business unionism" (syndicalisme maison).

 

1934-1942

Grèves massives à partir de 1934 notamment parmi les camionneurs, les dockers, dans les pneumatiques, l’automobile, le textile, chez les salariés agricoles du Sud, etc. Le syndicalisme est reconnu pour la première fois par la loi Wagner de juillet 1935. L’aile marchante de l’AFL constitue en novembre 1935 un comité d’organisation, appelé Congress of Industrial Organisations (CIO), en s’appuyant sur des militants communistes, socialistes de gauche et trotskystes. Il s’inspire en partie de la tradition des IWW et organise les salariés non pas par métiers, mais par branche d’activité. Le CIO joue un rôle clé dans les grèves et la syndicalisation de masse, notamment parmi les nouveaux immigrants peu qualifiés.

Les grèves avec occupation se multiplient (48 en 1936 et 447 en 1937), et le patronat accepte finalement le premier accord collectif qui est signé en janvier 1937. Les tensions s’accentuent au sein de l’AFL, et le CIO en est expulsé en mars 1937. Promulgation de lois sociales en 1938 : salaire minimum, travail des enfants, 40h hebdomadaires.

En revanche, le projet d’assurance maladie universel ne voit pas le jour.

 

1946-1947

Point culminant des grèves aux USA.

Les entreprises de santé privées et les firmes pharmaceutiques parviennent pour la seconde fois à empêcher l’introduction d’un système d’assurance maladie universel. La loi Taft-Hartley de juin 1947 restreint considérablement les libertés syndicales. Le cadre fixé devient celui de négociations (éventuelles) entreprise par entreprise, avec interdiction de faire grève en dehors de la période de renouvellement de l’accord collectif.

La moitié des États (notamment dans le Sud) sont même exemptés du respect de l’essentiel de ce qui subsiste de la législation sociale de 1935. Les syndicats (sauf UNITE) renoncent à organiser les salariés du Sud. La voie est ainsi ouverte à des délocalisations d’activité du Nord vers le Sud des USA.

 

1949-1995

Le CIO expulse en 1949 des militants appartenant à divers courants de gauche. Fusion en 1955 des confédérations AFL et CIO sous le nom d’AFL-CIO. La nouvelle confédération a une orientation anti-communiste et de collaboration avec le patronat. Elle est parfois surnommée ironiquement AFL-CIA pour son soutien à la politique étrangère des USA. Certains responsables syndicaux sont condamnés pour collusion avec la mafia, dont en 1964 le tristement célèbre Jimmy Hoffa président du syndicat des Teamsters (camionneurs). Les mouvements sociaux des années 60-70 (droits des Noirs et des femmes, antiguerre, etc.) se développent en général sans le soutien des syndicats, et parfois même en opposition avec eux. A partir du milieu des années 70, déclin important de la syndicalisation dans l’industrie, qui est loin d’être compensé par le renforcement des syndicats dans le secteur public. Licenciement en 1981 de 12 000 contrôleurs aériens pour fait de grève. C’est un tournant décisif dans l’histoire sociale des États-unis (voir Renouer avec les grèves victorieuses de Steve Early).

 

1995

Tentative de rénovation de l’AFL-CIO sous la houlette de Sweeney, le président du syndicat des services (SEIU) qui s’entoure en partie d’activistes issus des mouvements sociaux des années 1960 et 1970. L’AFL-CIO encourage la fusion des syndicats existants et la création de nouvelles implantations grâce à l’embauche de militants embauchés par les syndicats à cet effet (organizers). Il s’agit souvent d’anciens étudiants radicalisés

Simultanément, l’AFL-CIO renforce son lobbying auprès des Démocrates et soutient activement les campagnes présidentielles de Clinton puis Kerry.

 

2005

Éclatement de l’AFL-CIO en deux regroupements hétéroclites de taille équivalente. L’un conserve le nom d’AFL-CIO, l’autre prend celui de « Change To Win » (Changer pour gagner). www.aflcio.org  et www.changetowin.org