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Royaume-Uni REORIENTER LE SYNDICALISME

mise à jour : avril 2006

 

 

par Fred Leplat, région de Londres du syndicat UNISON

 

 

La physionomie des syndicats et de l’organisation sur le lieu de travail a radicalement changé au cours des 25 dernières années.

En 1979, lorsque Madame Thatcher a succédé aux travaillistes, il y avait 13,5 millions de syndiqués contre 7,3 millions aujourd’hui. La négociation collective concernait 70 % du salariat contre 36 % maintenant, et le nombre de délégués du personnel (shop stewards) a chuté de 500 000 à 230 000.

Aujourd’hui, l’implication des adhérents au sein des syndicats est faible, non seulement en ce qui concerne la participation aux réunions syndicales, mais également pour la participation à l’élection des responsables : cette année, seulement 8 % des adhérents ont pris la peine de voter pour élire la direction nationale (NEC) du syndicat UNISON. La pyramide des âges est également alarmante : l’âge moyen des membres d’UNISON, le plus grand syndicat comptant 1,3 million d’adhérents, est de 47 ans ! Mais c’est le niveau des grèves qui illustre le contraste le plus important entre les deux périodes. En 1979, il y avait eu 29,5 millions de « journées perdues » pour cause de grève, contre 904 000 en 2004. En 1999, un an après l’arrivée du New Labour au pouvoir, le nombre de « journées perdues » était tombé à 242 000, le chiffre le plus faible enregistré depuis que des statistiques existent. Depuis 1990, le nombre moyen de « journées perdues » est de 690 000.

Les statistiques relatives aux grèves sont importantes, car elles indiquent le niveau de confiance en elle-même de la classe ouvrière, et sa volonté d’agir pour défendre ses acquis ou engager l’offensive pour les améliorer. Le point culminant de l’action gréviste au cours des 100 dernières années a été 1921, avec 86 millions de « journées perdues » et 1926 année de la grève générale (1)   avec 162 millions.

Lors de la grève des mineurs de 1984/1985 on a compté 27 millions de jours de grève.

Même en 1944, lorsque les grèves étaient illégales, il y a eu 3,7 millions de « journées perdues ».

Le faible niveau des grèves ne veut pas dire pour autant que le mouvement syndical ait connu une défaite historique pour des dizaines d’années, ou que ce phénomène soit devenu irréversible. Il y a au contraire nombre de grèves d’ampleur qui ont débouché sur des succès de taille, notamment à British Airways et à la poste.

Le syndicalisme est encore solide, essentiellement dans le secteur public et dans une série de services et d’industries ayant été privatisés.

Actuellement il y a également une croissance limitée mais notable de la syndicalisation et d’accords reconnaissant la représentativité de syndicats (recognition agreements). Mais les grandes grèves survenant de temps à autre ainsi que la modeste croissance des syndicats ne constituent qu’une partie du tableau, qui est fondamentalement celui d’un déclin depuis 1979.

Décrire ainsi la situation actuelle des syndicats ne veut pas dire être « défaitiste », mais avoir une estimation honnête et réaliste des « rapports de forces », de façon à comprendre ce qui s’est produit dans les 25 dernières années et élaborer une stratégie pour y remédier. Les statistiques concernant la force des syndicats et le niveau des grèves ne sont que les symptômes de la crise politique dans laquelle se trouvent les syndicats et de la peur des syndiqués de se lancer dans des luttes indépendamment de leurs responsables syndicaux.

La victoire des Conservateurs, lors des élections de 1979, est en partie due à la démoralisation des syndiqués. Ils étaient alors engagés dans de vastes grèves contre les attaques contre les services publics et les emplois, politique mise en oeuvre par leur propre gouvernement travailliste en train d’appliquer les mesures d’austérité du FMI.

Un « contrat social »avait été préalablement signé entre les dirigeants syndicaux et le gouvernement travailliste pour maintenir la paix sociale, mais il avait volé en éclat face aux profondes blessures infligées par les coupes sombres du FMI. Une fois élue, Thatcher a engagé l’offensive en mettant en place toute une série de lois anti-syndicales qui ont entravé l’action des syndicats, fait obstacle à leur efficacité organisationnelle par le biais de l’interdiction du « closed shop » (2) ainsi qu’à l’efficacité des grèves en imposant d’interminables procédures électorales préalables. Il est également devenu illégal de faire des actions de solidarité ou des grèves contre les décisions gouvernementales. Malgré des hurlements de protestation, les dirigeants syndicaux capitulèrent et se soumirent à ces lois afin, comme il l’expliquèrent alors, de protéger la boutique syndicale, en d’autres termes la bureaucratie. En complément à cet efficace carcan légal sur les syndicats, Thatcher s’est engagée dans des restructurations et des fermetures d’entreprises appartenant aux industries traditionnelles comme l’acier, les mines, l’imprimerie et les transports maritimes. Cela a coïncidé avec les débuts de la « mondialisation », avec l’extension planétaire du transport à bas prix et de la main d’oeuvre bon marché, qui a par exemple permis lors de la grève des mineurs de remplacer le charbon britannique par des importations provenant de Pologne et d’Afrique du Sud. La privatisation des services publics et des industries ainsi que « l’externalisation » dans l’industrie privée a déstructuré les syndicats en créant simultanément une main d’oeuvre flexible ainsi qu’une baisse des salaires et des avantages acquis. Dans les chemins de fer, au lieu d’avoir un seul interlocuteur patronal comme il y a 10 ans, il y en a maintenant plus de 500.

Toute la puissance étatique, à la fois au niveau législatif et policier, a été utilisée pour briser les syndicats dans ces industries où ils étaient traditionnellement bien implantés (imprimerie, mines, activités maritimes et portuaires). Chaque branche industrielle a été attaquée successivement par le patronat avec le soutien total de l’appareil d’Etat et du gouvernement conservateur, tandis que la Confédération syndicale TUC et les dirigeants syndicaux se croisaient les bras, refusant d’organiser des actions de solidarité du type de celles qui avaient été mises en place dans les années 60 et 70 pour soutenir les dockers et les mineurs, par peur de voir mettre sous séquestre les biens du syndicat. Les conservateurs ont également encouragé le patronat à mettre en place de « nouvelles techniques de management » dans le secteur public comme dans le secteur privé : cercles de qualité, réunions de groupe, chartes d’entreprise, relations client-fournisseur, etc.

La réponse politique des dirigeants syndicaux a été de s’adapter au tournant à droite réalisé par Thatcher. Cette stratégie a été théorisée et a été baptisée le « nouveau réalisme ».

D’un côté, les dirigeants syndicaux s’abstinrent d’appeler à la grève générale contre cette attaque d’envergure nationale par peur de la loi, mais aussi parce qu’ils soutenaient l’orientation du parti travailliste suivant laquelle les électeurs ne voteront pas de nouveau pour les travaillistes si cela ramenait « les vieux jours où le pays était rançonné par les syndicats ». A la place, on expliquait aux syndiqués et aux militants qu’il fallait être patient et travailler dur pour un retour du parti travailliste au gouvernement.

De l’autre côté, des syndicats se sont lancés dans des accords de « partenariat ». Certains comme EEPTU obtenant le monopole de représentation des salariés en échange de l’engagement d’empêcher toute grève, et même de recruter des “jaunes” pour détruire les syndicats de salariés de l’imprimerie lors des grèves du « Sun » et du « Times » à Wapping. La version soft du « partenariat » était les « négociations responsables », la coopération avec les nouvelles techniques de management, qui se sont maintenant généralisées, et l’offre de services aux adhérents comme des assurances, des voyages et des cartes de crédit.

L’élection qui a porté le « New Labour » au gouvernement en 1998, avec Tony Blair comme leader du parti et Premier ministre, n’était pas dûe au succès de la stratégie des syndicats mais bien davantage à l’épuisement des conservateurs, victimes des scandales et des conflits concernant l’Europe. En fait, la stratégie du partenariat avec le patronat et avec le parti travailliste a continué après 1998, avec les dirigeants du syndicat demandant aux adhérents de soutenir le gouvernement du « New Labour » bien qu’il poursuive la politique monétariste pendant son premier gouvernement, maintienne les lois anti-syndicales, et développe les privatisations à un niveau que même les conservateurs n’avaient pas osé atteindre.

Même aujourd’hui, les propos de Tony Woodley, secrétaire général du syndicat TGWU, au sujet de l’usine automobile Rover sont typiques de la politique de partenariat. Après avoir salué quatre ans plus tôt la précédente direction « Phoenix 4 » de Rover comme étant ce qu’il y avait de mieux pour l’avenir de l’usine, Woodley et le TGWU ont fait lamentablement faillite quand « Phoenix 4 » a fermé l’usine après l’avoir dépouillé de ses actifs et s’être rempli les poches avec de bonnes primes. Le TGWU n’a pas revendiqué la nationalisation de l’usine et sa reconversion dans la production de transports en commun, ni demandé le remboursement de l’argent donné à « Phoenix 4 ». Les salariés ont été démoralisés et complètement à plat. Maintenant, avec la perspective d’un rachat des actifs restants, Woodley est d’avis que l’offre de la SAIC est un meilleur pari que celle de Nanjing (3) !

Après plus de 8 ans de gouvernement New Labour, avec la poursuite des privatisations et des attaques sur les retraites, la faillite de la stratégie du double partenariat avec le Labour et le patronat est en crise. Aucun responsable syndical ne veut désormais se présenter comme supporter de Blair, et pratiquement tous sont opposés à la guerre en Irak. Cela a conduit à ce que nombre d’entre eux, y compris Dave Prentis d’UNISON et Tony Woodley de TGWU, soient présentés dans la presse comme faisant partie de « la bande d’emmerdeurs ». Mais cette prise de distance avec Blair n’a pas suffit aux militants syndicaux qui ont été capables de faire victorieusement campagne pour les véritables emmerdeurs : Mark Sewotka dans PCS, Bob Crow dans RMT, et maintenant Matt Wrack dans FBU. Ces élections ont eu lieu à la suite de grèves, pas nécessairement victorieuses, comme cela avait été le cas pour FBU (Fire Brigade Union, syndicat des pompiers), dans lesquelles les adhérents et les militants ont eu la possibilité de tirer les leçons des rapports entre leur syndicat et le Labour. Le point commun entre ces trois nouveaux secrétaires généraux est qu’ils ont combattu le soutien inconditionnel du syndicat au Labour, et qu’ils encouragent ouvertement leurs adhérents à organiser des grèves, y compris des grèves nationales, sur les problèmes auxquels ils font face.

L’affiliation inconditionnelle des syndicats au Labour Party a été de toute évidence en débat ces dernières années. Le FBU s’est désaffilié après la campagne de dénigrement dont il a fait l’objet de la part du gouvernement du New Labour lors de sa grève pour une augmentation des salaires. RMT (4) a été expulsé pour son soutien au SSP (Scottish Socialist Party) (5) en raison de leur convergence sur la renationalisation du rail. Et alors que PCS n’avait jamais été affilié à un parti politique, Mark Sewotka a soutenu à titre personnel de façon très ouverte la coalition électorale RESPECT (6). La remise en cause des relations existant traditionnellement entre les syndicats et le Labour est débattue partout, ainsi que l’appui aux seuls candidats du Labour (ou même d’autres partis) qui soutiennent les positions principales du syndicat. Dans UNISON, Dave Prentis est prêt à accepter des « évolutions » dans les liens entre le syndicat et le Labour, mais seulement dans le but de barrer la route au danger beaucoup plus sérieux d’une réduction du soutien financier accordé au Labour Party au niveau minimum exigé pour rester affilié. Mais même ces évolutions ont montré leurs limites lorsque Prentis s’est opposé, lors du congrès annuel d’UNISON, à un amendement demandant la publication des votes au Parlement des députés ayant eu le soutien d’UNISON.

Pour tenter d’en finir avec cette crise, et mobiliser pour la réélection du New Labour au gouvernement, les dirigeants du syndicat ont obtenu, lors de la réunion sur la politique nationale du parti qui s’est tenue à Warwick en juillet 2004, un accord sur des mesures mineures qui devraient être prises si le New Labour était réélu. L’accord de Warwick était en réalité si modeste qu’il n’incluait même pas l’arrêt des privatisations ou l’abrogation de quelques lois anti-syndicales. Mais cela était néanmoins trop pour Blair qui n’a pas inclus un seul point de l’accord de Warwick dans le Queen’s speech (discours de la reine marquant le début de l’année parlementaire). En fait, la réelection du New Labour contribue à accroître la crise politique dans la mesure où des syndicats comme UNISON vont avoir à s’affronter au gouvernement au travers de grèves nationales pour stopper la réforme des retraites, tandis que la menace d’une privatisation de la poste pourrait conduire à une désaffiliation du CWU.

Un nouveau climat politique s’est installé dans le mouvement syndical avec l’élection de Mark Sewotka, Matt Wrack et Bob Crow comme secrétaires généraux de trois syndicats de plus petite taille, mais jouant un rôle important. Ils expriment clairement une stratégie alternative à celle du double partenariat avec le Labour et le patronat, et donnent confiance à ceux de leurs adhérents qui sont prêts à se battre. Le PCS prépare en ce moment une grève contre une suppression massive de 100 000 emplois dans la Fonction publique. RMT a fait campagne pour la renationalisation des chemins de fer lors des élections générales de mai 2005.

 

Une nouvelle direction syndicale de lutte, ayant rompu avec le partenariat à la fois avec le New Labour et le patronat, est une précondition au renouveau du syndicalisme. Cela signifie une rupture de la vieille relation politique inconditionnelle avec le Labour, au moment où la crédibilité du SSP7 et de RESPECT (8) se renforce. Cela a déjà commencé, non seulement avec le soutien de Mark Sewotka à RESPECT, mais également au niveau d’autres militants syndicaux. Une réunion du SSP et de RESPECT en marge du congrès d’UNISON de cette année a réuni presque 500 personnes, soit un quart des délégués, pour venir entendre George Galloway (député exclu du Labour pour s’être opposé à la guerre en Irak) et Colin Fox.

Il va être également nécessaire de revenir à des tactiques énergiques de construction de syndicats dans de nouveaux secteurs d’activité comme cela avait été fait au début du 20e siècle. PCS est le syndicat qui se développe le plus rapidement en Grande- Bretagne, avec 300 000 adhérents sur 500 000 fonctionnaires, grâce à des grèves contre les réductions d’effectifs et les bas salaires. Même le TGWU s’est éveillé au besoin de s’engager dans le combat sur les bas salaires en organisant une grève du personnel de sous-traitance travaillant dans le nettoyage au Parlement : celui-ci est payé au minimum légal de 5 livres de l’heure, et a droit à 12 jours de congé annuel. Et dans l’est de Londres, un mobilisation regroupant le syndicat et la population a ciblé efficacement Canary Wharf ainsi que d’autres importants employeurs locaux au sujet des bas salaires.

Le retour à la stratégie des grèves nationales contre les attaques de niveau national, comme par exemple la réforme annoncée des retraites, doit faire partie de la réponse syndicale. La grève nationale n’est pas une option facile dans la situation actuelle avec l’utilisation continuelle des lois anti-syndicales, le recours à la sous-traitance, et l’utilisation intense de personnel en CDD et d’intérimaires. Le recours à des intérimaires est un outil particulièrement pernicieux pour briser les syndicats, avec un taux de 25 % dans les collectivités locales et même 70 % à l’usine BMW de Oxford Cowley. Les grandes grèves dans de grandes concentrations de salariés sont moins nombreuses aujourd’hui non seulement parce que certains de nos dirigeants syndicaux refusent d’organiser de telles grèves, mais aussi parce que de tels lieux de travail sont moins nombreux à Manchester comme à Mumbai. Les privatisations et la sous-traitance vers une multitude d’entreprises de plus petite taille se répandent à travers le monde. Les grèves nationales ne devraient pas mordre si fort et si rapidement dans des services publics comme la santé ou l’éducation, comparés à British Airways ou la Poste. Mais elles restent cependant une arme essentielle car elles permettent de mobiliser et d’unir tous les syndiqués, et c’est ainsi que le syndicat peut être pris au sérieux par le patronat. Cependant, la mondialisation capitaliste et le consensus sur le néo-libéralisme entre la droite et les sociaux-démocrates sont des éléments nouveaux dans la situation actuelle comparé à ce qui existait il y a 25 ans et il n’est pas possible de les ignorer.

Une autre conséquence de la mondialisation capitaliste est que les gouvernements de gauche et de droite ont signé des traités internationaux, comme l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services), le projet de Constitution européenne ou le projet de Directive Bolkenstein, au travers desquels ils abandonnent leur capacité à réguler leurs économies nationales et les droits des salariés. Cela retire aux syndicats la possibilité de défendre les droits des salariés ou les services publics en faisant appel à leur gouvernement ou en engageant des actions juridiques. Simultanément, les pays en voie de développement se sont vu imposer des privatisations et l’ouverture de leur économie comme des conditions pour obtenir des aides.

 

Afin de faire face à cette nouvelle situation, les syndicats vont devoir se situer davantage au niveau politique en relevant directement le défi de la mondialisation capitaliste au travers de la recherche d’alliances aux niveaux européen et mondial, non seulement avec des syndicats, mais aussi avec le mouvement « social », c’est-à-dire des organisations de la classe ouvrière prenant la forme d’organisations de citoyens en tant qu’habitants, retraités, consommateurs, et qui s’organisent contre l’offensive néo-libérale. De telles attaques sont capables de faire reculer certaines attaques néo-libérales comme par exemple la privatisation de l’eau et du gaz en Bolivie, obliger des multinationales comme Nike à changer leurs pratiques envers les salariés, et faire échec à des traités néo-libéraux, comme par exemple le vote pour le “Non” au projet de Traité constitutionnel européen en France.

 

Nous devons également être conscient du fait que la baisse de confiance envers les partis traditionnels du fait qu’ils ont tous opté pour le néo-liberalisme, comme en témoigne les niveaux records d’abstension lors des élections générales, affecte également d’autres organisations de masse traditionnelles comme les syndicats, en raison de leurs relations étroites avec l’Etat et les partis traditionnels de gouvernement. La perte de confiance des syndiqués et des travailleurs en général envers les syndicats en raison de leurs relations étroites avec le Labour peut être corrigée par une ouverture en direction d’autres partis comme le SSP (7) et la coalition électorale de gauche radicale RESPECT6.Mais pour faire revenir la confiance, les syndicats devront aussi développer leur propre démocratie afin que les décisions des adhérents soient respectées et appliquées à tous les niveaux par leurs représentants élus, au lieu d’être bloquées par «l’establishment» du syndicat et la bureaucratie, comme cela se produit dans le cadre de la politique parlementaire.

 

Notes

1) En mai 1926, en réponse à un lock-out patronal dans les mines de charbon, une grève générale éclata suivie par 3 millions de travailleurs. Le gouvernement conservateur utilisa l’armée pour maintenir les services essentiels. Le TUC arrêta la grève au bout de 9 jours laissant isolés les mineurs, qui se sont sentis trahis. Le recours à la grève générale devint alors illégal.

2) Closed shop : entreprise qui n'emploie des salariés que s’ils sont membres d'un syndicat. Dans certain cas, les employés ont une date limite pour rejoindre le syndicat.

3) SIAC (Shanghai Automotive Industry Corporation) et Nanjing sont les deux entreprises chinoises qui étaient en compétition pour racheter Rover. Nanjing l’a finalement emporté et prévoit des délocalisations en Chine. Le sort des usines britanniques n’est donc pas réglé.

4) Alex Gordon : "Les cheminots chamboulent la gauche" www.inprecor.org  n°491

5) Parti écossais de gauche radicale http://fr.wikipedia.org/wiki/Scottish_Socialist_Party http://en.wikipedia.org/wiki/Scottish_Socialist_Party

6) Aux élections de mai 2005, la coalition de gauche radicale RESPECT a obtenu en moyenne 6,9% des voix là où elle présentait un candidat, et a fait élire au Parlement George Galloway qui avait été exclu du Labour Party pour s'être opposé à la guerre en Irak. http://en.wikipedia.org/wiki/RESPECT Inprecor 505/506 http://www.inprecor.org/

7) Le Scottish Socialist Party (SSP) est, comme son nom l’indique, une organisation écossaise. Il a été fondé par des militants du Socialist Party (voir ci-dessus) et contre l’opposition de ce dernier. On y retrouve aujourd’hui des militants liés par ailleurs à divers courants politiques nationaux et internationaux. Le SSP compte environ 3 000 membres, ce qui est énorme étant donné que l’Écosse ne compte que 5 millions d’habitants. En mai 2003, lors des élections au Parlement écossais, le SSP avait obtenu près de 8 % des voix et six députés, dont Tommy Sheridan qui jouit d’une très grande popularité. http://fr.wikipedia.org/wiki/Scottish_Socialist_Party  http://en.wikipedia.org/wiki/Scottish_Socialist_Party