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Réunions internationales

Séminaire Est-Ouest au Forum social d’Athènes mai 2006

Hélène Sud Ptt

Mai 2006

mise en ligne 1/02/2007

Séminaire Est-Ouest au Forum social d’Athènes (mai 2006)

Le forum social d’Athènes a marqué une étape importante dans l’élargissement des Forums sociaux à l’Est de l’Europe. Les délégations russes, polonaises, hongroises, tchèques étaient suffisamment nombreuses et représentatives d’une réelle activité, pour permettre, pour la première fois dans bien des domaines, une réelle convergence constructive.

Le séminaire « Solidarité syndicale est-ouest, quel enjeu ? » organisé en commun par SUD-PTT, SKT (Confédération sibérienne du travail) et le syndicat polonais Sierpien 80 (1), avait pour objectif de commencer à tisser des liens de solidarité sur le plan syndical.

En effet, plusieurs évolutions récentes rendent cet objectif urgent et incontournable :

 

Ainsi les propos des représentants de SUD-PTT, membres du Comité de groupe européen de France Télécom, et ceux de Boguslaw Zietek de la Confédération polonaise « Sierpien 80, implantée à TP, filiale polonaise de France Télécom, illustraient parfaitement cette urgence d’échange et d’actions communes au sein de la même multinationale. France Télécom a en effet licencié la bagatelle de 32 000 salariés en trois ans à TP (soit plus de la moitié des effectifs de l’ex-entreprise publique des télécommunications polonaise). De plus, « Sierpien 80 » s’est créé à TP précisément sur la base de désaccords avec « Solidarnosc » (2), l’un des deux principaux syndicats de TP, concernant la négociation des licenciements.

D’autres intervenants ont insisté sur le désert syndical existant en Europe de l’Est, et notamment en Russie, dans ces multinationales qui fleurissent dans tous les secteurs. Il en résulte des conséquences désastreuses sur les conditions de travail et les salaires dans des pays où les acquis sociaux reculent très rapidement. C’est la construction même d’un syndicalisme indépendant qui n’existe pas et reste totalement à construire à partir d’expériences de base telles que celles menées par le SKT (confédération sibérienne du travail) dont le représentant Vassili Starostin a expliqué toutes les difficultés : remise en cause du Code du travail à tous les niveaux, répression anti-syndicale généralisée.

Des syndicalistes belges, britanniques, irlandais et français de différents secteurs professionnels ont également pris la parole dans le même sens : la nécessité de liens directs et d’élaborations communes, la défense de droits égaux pour les salariés de l’Est, y compris lorsqu’ils viennent travailler à l’Ouest. « À travail égal, salaire égal ! » a souligné le représentant du Forum social russe, qui a présenté les débats organisés à Saint-Pétersbourg entre le 11 et le 15 juillet 2006 à l’occasion du sommet du G8. Il a invité tous les participants à venir y poursuivre la discussion (3).

 

D’autres propositions ont été adoptées :

Hélène (Sud Ptt)

Notes

1. Sierpien 80 signifie août 80, date de la grande grève générale. Sierpien 80 a été fondé en 1992 par la commission régionale de Haute Silésie (région de Katowice) de Solidarnosc 80. Cette centrale est beaucoup plus combative que les autres confédérations. Sierpien 80 est la troisième centrale syndicale en Haute Silésie : très influente parmi les mineurs de charbon, c'est également le principal syndicat de l'usine FIAT et du complexe sidérurgique Huta Katowice. Au niveau national, Sierpien 80 est présent dans les télécoms, à la poste, ainsi que dans les bus et tramways de Varsovie. Sierpien 80 a mis sur pied le Parti polonais du travail (PPP) qui a obtenu 0,54 % des suffrages exprimés aux élections législatives de septembre 2005. (voir aussi Syndicats en Pologne).

2. Solidarnosc (Syndicat Indépendant Autogéré Solidarité) est initialement né des grèves de 1980 aux chantiers navals de Gdansk, à l'époque du régime communiste. Entre 1989 et 1993, de nombreux responsables de Solidarnosc se sont retrouvés à la tête d’un gouvernement qui a organisé la transition à l'économie de marché. L’influence de Solidarnosc a diminué alors considérablement dans le monde du travail. Simultanément la direction de Solidarnosc est passée aux mains d’une aile droitière, catholique et populiste. Aujourd'hui, Solidarnosc est malgré tout davantage un syndicat qu'un mouvement politique, même si elle conserve toujours des liens politiques étroits. Selon certaines sources, le nombre d'adhérents à Solidarnosc serait de 800 000 adhérents, moins de 400 000 selon d'autres sources. (voir aussi Syndicats en Pologne).

3. Voir à ce sujet Le contre-sommet de Saint-Pétersbourg (Verveine et Éric, Sud-PTT, juillet 2006) paru dans la revue Solidaires International n°2.