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Pologne   Éléments chronologiques

mise à jour : avril 2006

 

1944-45

A la Libération, des conseils d’entreprises remettent en marche la production.

 

1945-1956

La Pologne est intégrée au bloc de l’Est. Sous couvert d’une coalition de partis, le POUP (Parti communiste) exerce la réalité du pouvoir. Les conseils d’entreprises sont transformés en structures syndicales qui sont ensuite intégrées dans l’appareil d’Etat.

 

1956-1980

Lors de la révolte de 1956, des conseils ouvriers prennent en main les usines. En juin, la grève des ouvriers de Poznan est réprimée sévèrement (70 morts).

Une loi de 1957 a surtout pour but d’en limiter les fonctions. Une loi de 1958 les «normalise» sous la forme de « conférences d’autogestion ouvrière » tripartites (parti, syndicat, conseil)...dont les représentants sont élus sur une liste unique. Des grève générales ont lieu en 1970 et 1976.

 

1980-1981

Généralisation des grèves lors de l’été 80, élection de comités de grève. Fondation de Solidarnosc en septembre 80 à l’issue d’une réunion des comités régionaux de grève. Solidarnosc est légalisé en novembre 80 et comptera en septembre 1981 environ 10 millions de membres (sur 13 millions de salariés).

A partir du début 1981 le mouvement se radicalise. Pendant l’été, des conseils de travailleurs procèdent à l’élection des directeurs et cherchent à promouvoir l’autogestion. En septembre 1981, le premier congrès de Solidarnosc rassemble 1 200 délégués librement élus et joue de fait le rôle de Parlement populaire, constituant ainsi un réel contre-pouvoir. Les idées de «grève active» et de «prise de pouvoir dans les entreprises » se développent dans le pays.

Le 13 décembre, le coup d’État du général Jaruzelski met un terme à ce processus.

 

1981-1989

Le POUP (Parti Communiste) et l’armée reprennent les choses en mains. Solidarnosc est interdit. Les Conseils d’autogestion, d’abord suspendus, sont ensuite vidés de leur contenu. Les directions des entreprises sont placées sous contrôle militaire. Un renforcement de mécanismes de marché a lieu, dépouillé de tout volet autogestionnaire. En octobre 1982, avec la suspension de la loi martiale, une loi relative à l’activité syndicale est promulguée. Solidarnosc reste interdit. De nouveaux syndicats sont mis en place. On y retrouve de nombreux responsables des syndicats qui s’étaient écroulés lors des grèves de 1980. Ceux-ci se confédèrent en 1984 sous le nom d’OPZZ. En 1987, le pouvoir organise un référendum sur la réforme économique. Solidarnosc clandestin appelle au boycott, et la confédération OPZZ appelle à voter contre. Le pouvoir n’obtient pas la majorité parmi les électeurs inscrits et perd toute légitimité.

Un double processus se met alors en place :

 

1989-1993

Le nouveau gouvernement est mis en place par les anciens opposants ayant participé aux « accords de la table ronde ».

Ils organisent le passage à l’économie de marché sous la houlette du FMI. Walesa est élu Président de la République pour 5 ans en 1990.

Une nouvelle tactique est mise en place pour liquider les conseils ouvriers : les usines sont mises en faillite (par des manipulations fiscales, la décentralisation de la dette publique etc.) et les conseils ouvriers disparaissent avec la liquidation ou le rachat des entreprises pour un zloty symbolique par le capital étranger (ou en lien avec des capitaux polonais apparus sous l’Etat de guerre, entre 81 et 89).

Rejeté dans l’opposition, le POUP (Parti Communiste) se rebaptise SdRP (Social démocratie de la république polonaise). Ce «nouveau parti» sera l’élément essentiel du futur SLD qui se proclame social-démocrate.

La confédération OPZZ organise la résistance ouvrière et est rejointe par certains secteurs de Solidarnosc.

 

1993-1997

Les partis de la droite libérale perdent les élections au Parlement. Le gouvernement passe aux mains de la coalition «de gauche» SLD-PSL où se retrouvent nombre de responsables de l’ancien régime. Kwasniewski (SLD) remplace Walesa à la Présidence de la république en 1995.

Se situant à la droite de Tony Blair, le gouvernement SLD-PSL continue la politique de privatisations et des restructurations néo-libérales. Il adopte toutefois des mesures visant à limiter le développement du chômage qui tombe à 8 %.

La résistance au gouvernement passe maintenant surtout par Solidarnosc.

 

1997-2001

Victoire électorale de la coalition «de droite» AWS mise en place par la direction de Solidarnosc et des débris des partis de droite.

L’accentuation de la politique néo-libérale, se traduit notamment par la privatisation partielle de l’opérateur historique de télécommunications en 1997-1998. Avec la dégradation de la situation économique, le chômage remonte à 18 %.

Des mobilisations sont impulsées par l’OPZZ et le syndicat paysan Samoobrona (Autodéfense). Des manifestations donnent lieu à des heurts avec la police.

En 2000, Kwasniewski (SLD) est réélu Président de la république (Walesa n’obtient que 3 % des voix).

 

2001-2005

23 septembre : la coalition «de droite» perd tous ses élus et se désagrège. La coalition «de gauche» SLD-PSL revient au pouvoir pour 4 ans.

26 juillet 2002 : Solidarnosc organise une manifestation de 30 000 personnes contre la libéralisation du Code du travail. 25 avril 2003 : Solidarnosc organise des manifestations contre le gouvernement de Leszek Miller (SLD). Des revendications justifiées sont mélangées à des manœuvres politiciennes. Pendant la manifestation du 25 avril à Varsovie qui a regroupé 20 000 participants, les dirigeants de Solidarnosc ont par exemple fait scander : « Miller à Cuba », ou « SLD = KGB ». Des œufs ont également été jetés sur le bâtiment de l’ambassade russe.

Selon les sondages, le gouvernement de Miller est celui dont la popularité est la plus faible depuis 14 ans.

Mars 2003 : le gouvernement polonais envoie des soldats en Irak. Juin 2003 : victoire du “Oui” au référendum sur l’adhésion à l’Union européenne.

 

Automne 2005 : retour de la «droite» au pouvoir.