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Grèce   Éléments chronologiques

mise à jour : avril 2006

 

1879 : à la suite d'une grève, fondation du premier syndicat parmi les charpentiers des chantiers navals de l'île de Syros.

1880 à 1890 : la syndicalisation gagne les typographes, les marins, les métallos.

1911 : fondation de la première organisation nationale, la Fédération ouvrière panhellénique. Législation sociale avancée mise en place par le gouvernement libéral de Venizelos.

Avant 1914 : durcissement du syndicalisme et des grèves, légalisation des syndicats qui obtiennent le droit de négocier les conventions collectives. Il n'existe pas de parti ouvrier de masse.

1918 : fondation du PC en novembre sous le nom de SEKE (et qui s'appellera KKE en 1924), fondation de la première confédération syndicale. 1919 : multiplication des grèves dans les villes principales, arrestations et déportation de militants syndicaux.

1920 : les ouvriers occupent la ville de Volos les 28 et 29 février, répression farouche, fort développement syndical après

1922. Trois grandes tendances cohabitent dans la confédération GSEE : communiste, socialiste, "réformiste".

1923 : interdiction de confédération syndicale dirigée par les communistes, grèves très dures, le gouvernement recule.

1925 : le coup d'Etat du 25 juin rend plus difficile l'action syndicale, interdiction du parti communiste.

1926 : le PC est écarté de la direction de la confédération GSEE.

1928 : retour d'un gouvernement libéral (Venizelos). 450 000 syndiqués.

1929 : le PC fonde la GSEE-unitaire.

1930 : les socialistes quittent à leur tour la GSEE qui reste aux seuls mains des "réformistes".

1934 : pacte de Front populaire entre le PC, le PS et les deux GSEE ; réunification syndicale.

1934-1936 : multiplication des grèves et des manifestations, affrontements sanglants entre grévistes et forces de police.

4 août 1936 : dictature du général Métaxas, interdiction des grèves. Contrôle de l'Etat sur le syndicalisme : - le ministre choisit dans chaque métier et industrie un syndicat pour représenter les travailleurs et négocier en leur nom, - la direction de la GSEE est nommée par le gouvernement, - introduction en 1938 du “check-off” : la cotisation syndicale est prélevée par l'employeur et reversée à la GSEE ; ce système sera maintenu jusqu'à la Libération.

1941 : occupation allemande, le PC (KKE) organise la résistance.

1944 : le PC (KKE) détient de fait le pouvoir. Les syndicalistes résistants (pour l'essentiel communistes) prennent possession des locaux de la GSEE. Début de la guerre civile en décembre, les communistes sont démis de leurs fonctions à la tête de la GSEE.

1948 : Fotis Makris nommé à la tête de la GSEE par le gouvernement populiste.

1949 : fin de la guerre civile, les conservateurs au pouvoir pour 15 ans. Répression, exil de militants. Pendant 25 ans la direction du PC vit en URSS et en Roumanie.

1956 : crise du PC.

1964 : brève période démocratique (Papandréou), Fotis Makris est contraint de démissionner.

1967 : dictature des colonels, retour de la mainmise sur le syndicalisme.

1968 : création du " PC de l'intérieur " qui se bat clandestinement en Grèce contre la dictature contrairement au " PC dit de l'extérieur " qui agit depuis Moscou. Le KKE dit de l'intérieur condamne l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie et agit avec les partis bourgeois contre la dictature militaire. Constitution de syndicats clandestins : - ESAK, proche du PC pro-russe - AEM, proche du PC dit de l'intérieur, - PASKE, proche du PASOK (socialiste).

1974 : révolte des étudiants de l'Ecole polytechnique d'Athènes, fin de la dictature et de la monarchie, mise en place d'un gouvernement de droite. Ecroulement du PC dit de l'intérieur (1% aux élections, influence syndicale médiocre). Légalisation du PC pro-russe (KKE) qui a conservé son influence dans les secteurs ouvriers traditionnels (bâtiment, électricité, textile). Le PASOK (Papandréou) en tête dans la métallurgie, la chimie, le secteur public. Le PASOK devient le premier parti socialiste de masse de l'histoire grecque. Reconstitution de la GSEE regroupant l'ensemble des sensibilités politiques. Les syndicats clandestins constitués sous la dictature parviennent à s'y faire reconnaître comme tendances.

Jusqu'en 1981-1982 la tendance proche du pouvoir (de droite) dirige la GSEE.

1975 : la Constitution garantit : - le droit de grève (pour la première fois), octroyé aux seules organisations syndicales (loi de 1976), - mais interdiction de toute grève politique et autorisation du lock-out.

1981 : gouvernement PASOK (socialiste) en novembre, soutenu au début par le PC (KKE).

1982 : la loi de juillet modifie radicalement la situation syndicale : - négociation collective avec l'employeur, - exercice de l'activité syndicale sur le lieu de travail, - abolition du lock-out, - interdiction faite à l'employeur de recruter du personnel temporaire pour briser une grève, - autorisation des grèves de solidarité et des grèves politiques pour défendre le régime démocratique, - réintégration de travailleurs licenciés.

1983 : disparition des tendances de droite et d'extrême-droite au sein de la GSEE, les socialistes y ont 57 % des suffrages, les communistes 39 %, les eurocommunistes 4 %. Tournant anti-PASOK du KKE qui coopère avec la droite contre le PASOK. Le KKE crée Synaspismos avec quelques anciens du PC de l'intérieur et du PASOK. Départ du KKE d'une partie des intellectuels et de la plupart des étudiants, qui créent le NAR (Nouveau courant de gauche).

1989 : la droite gagne les élections. 1990 : le KKE quitte Synaspismos (qui soutient les réformes Gorbatchev), et perd ainsi la plus grande partie de ses députés, intellectuels et cadres. Fermetures d'entreprises, licenciements, privatisations, la privatisation de l'opérateur de télécommunications OTE déchire la droite.

1990 : mobilisation lycéenne.

1992 : grève des autobus d'Athènes (EAS).

1993 : retour du PASOK au gouvernement (octobre).

1995 : des dissidents du PASOK fondent le DHKKI. 1996 : le KKE confirme son orientation néostalinienne. Luttes sociales : Olympic Airways, Banque Ionienne, enseignants... Affirmation d'une gauche syndicale.

2000 : aux législatives du 9 avril le PASOK devance "Nouvelle Démocratie" qui progresse de 5%.

2001 : grèves générales les 26 avril et 27 mai contre la réforme des retraites.

2004 : "Nouvelle Démocratie" en tête aux élections législatives du 7 mars.