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APRÈS LA VICTOIRE DU NON EN FRANCE ET AUX PAYS-BAS

 

mise à jour : avril 2006

 

Après la victoire du NON en France et aux Pays-Bas

 

La victoire du “Non” en France et aux Pays-Bas a constitué un sérieux grain de sable dans la mécanique bien huilée de la politique néo-libérale. A en croire un sondage, si la législation avait permis l'organisation d'une telle consultation en Allemagne, la réponse aurait été la même qu'en France et aux Pays-Bas. Craignant la multiplication de ce genre de refus, les gouvernements des pays où de tels référendums étaient prévus les ont précipitamment annulés.

 

Même si quelques voix de droite se sont parfois mêlées au vote pour le Non, celui-ci a été fondamentalement l'expression des salariés et des couches populaires. En France, 80 % des ouvriers d’industrie ont voté “Non”, de même 60 % des employés, 65 % des fonctionnaires, 71 % des chômeurs et des salariés précaires. La majorité de ceux dont le revenu mensuel est inférieur à 3 000 euros ont voté "non", alors que la majorité de ceux gagnant plus de 3 000 euros ont voté "Oui". Aux Pays-Bas, tous les partis politiques (sauf le petit SP* ), les directions syndicales, les médias ont plaidé pour le "Oui”. Rien n'y a fait : 62 % des électeurs ont rejeté le projet de Constitution, soit une majorité encore plus grande qu’en France. Le sens de ce vote est parfaitement clair : dans les quartiers pauvres d’Amsterdam le vote "non" a été écrasant allant parfois jusqu'à 79 %. Une large place est faite dans cette revue à ce pays, généralement peu connu des syndicalistes français.

 

Les électeurs français et hollandais n’ont pas rejeté l’Europe en tant que telle, ou les "plombiers polonais". Ils ont rejeté les dégâts du "marché libre et sans entrave", les attaques contre les services publics, la montée du chômage et la précarisation du travail. Ils ont rejeté toutes les politiques néolibérales appliquées depuis vingt-cinq ans par les gouvernements de droite ou prétendument de gauche, au profit des patrons et des actionnaires.

 

Mais il reste à transformer l'essai : en effet les gouvernements européens et les institutions de l'Union européenne restent obstinément sourds aux revendications populaires. Pire ils veulent faire passer en force une Directive Bolkestein qui avait servi de point de ralliement aux opposants à la politique néo-libérale. Ces gens-là ne comprennent que les rapports de forces. A nous de le construire au travers de la campagne contre la Directive Bolkestein, au travers de la préparation du prochain Forum Social Européen, au travers de la lutte quotidienne au sein des multinationales qui servent de mentor à une telle politique. Mais pour être efficace, il faut encore se connaître et se comprendre au-delà des frontières des cultures, des histoires nationales et des langues. Cela nos adversaires savent le faire mieux que nous. A nous de combler le retard accumulé. Cette revue a l'ambition d'y contribuer.

 

 * Le SP (Socialistische Partij), d'origine maoïste, est devenu au cours des années 1990 le principal parti de la gauche radicale large, intégrant des personnalités des mouvements sociaux, des intellectuels, quelques anciens du PC et trois courants trotskistes. http://en.wikipedia.org/wiki/Socialist_Party_%28Netherlands%29