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LES ATTEINTES AUX DROITS DE L’HOMME EN 2006

 On estime à plusieurs centaines de milliers le nombre de personnes détenues en 2006 dans des camps de « rééducation par le travail » sur l'ensemble du territoire chinois, et risquant d'être maltraitées ou torturées. En mai 2006, les autorités de la ville de Pékin ont annoncé leur intention d'utiliser ce mode de détention en vue de réprimer différentes formes de « comportements délictueux » et d'améliorer l'image de la ville à l'approche des Jeux olympiques.

La torture et les autres formes de mauvais traitements demeurent très répandus. Parmi les méthodes couramment utilisées figurent les coups de pied, les passages à tabac, les décharges électriques, la suspension par les bras, l'enchaînement dans une position douloureuse, les brûlures de cigarette et la privation de sommeil ou de nourriture.

D’après Amnesty International, il y aurait eu en 2006 au moins 2 790 condamnations à mort et 1 010 exécutions. Le nombre d'exécutions par injection létale a augmenté, ce qui a facilité le développement d’une lucrative activité de prélèvement d'organes sur les prisonniers exécutés. Un vice-ministre a déclaré que la majorité des organes utilisés pour des transplantations provenaient de prisonniers exécutés.

Une nouvelle réglementation interdit la vente et l'achat d'organes, disposant par ailleurs que les prélèvements d'organes ne pouvaient être réalisés qu'avec l'accord écrit du donneur. En 2006, les autorités chinoises ont intensifié la répression contre les avocats et les militants du droit au logement. Un grand nombre de défenseurs des droits humains ont été soumis à de longues périodes de détention arbitraire sans inculpation et ont été harcelés par les forces de police ou par des bandes locales de malfaiteurs, manifestement avec l'assentiment des premières. Beaucoup étaient surveillés de manière quasi permanente ou assignés à résidence, et les atteintes contre leurs proches se sont multipliées. De nouvelles dispositions restreignaient la possibilité, pour les avocats, de représenter des groupes de victimes et de formuler des requêtes collectives. De nombreux journaux et revues populaires ont été contraints de cesser leurs activités. L'accès à plusieurs centaines de sites web internationaux restait bloqué et des milliers de sites chinois ont été fermés. Des dizaines de journalistes ont été appréhendés pour avoir évoqué des sujets sensibles. Le gouvernement a renforcé les systèmes de blocage, de filtrage et de surveillance de l'information.

Le gouvernement réprime les pratiques religieuses ou spirituelles en dehors des circuits officiels. Des milliers de fidèles ont été arrêtés en 2006, beaucoup ont été maltraités, voire torturés en détention.

La population ouïghoure, est en grande partie privée de ses droits humains, notamment de la liberté de religion et du droit à l'éducation.

La population tibétaine voit ses droits à la liberté de religion, d'expression et d'association sévèrement restreints. Elle se heurte par ailleurs à des discriminations dans le domaine de l'emploi.

 

D’après le rapport 2007 d’Amnesty International www.amnesty.org/fr/region/asia-and-pacific/east-asia/chine