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Burkina

Avec les ouvrières de « La Gacilienne »

 

mise à jour : 24/01/2005

 

 

ENSEMBLE NOUS NOUS SOMMES BATTUES ! ENSEMBLE NOUS AVONS GAGNÉ !

 

 

C’est avec une grande joie que nous pouvons annoncer la victoire des ouvrières de « La Gacilienne », travaillant au Burkina Faso pour le groupe français, Yves Rocher. En effet, après quatre mois de lutte, quatre mois de pressions de la part du groupe, jouant sur l’effet de la famine et de la misère du pays, 4 mois de tentatives pour les diviser, elles ont pu signer un accord en restant unies et organisées dans leur syndicat, la CGT-B (50 % d’adhérentes). Alors qu’aucune indemnité n’était prévue au départ, Yves Rocher pensait s’en sortir avec 76 euros en septembre après la première entrevue.

 

ELLES OBTIENNENT AUJOURD’HUI PLUS DE 1 000 EUROS CHACUNE !

 

C’est au cours d’un voyage de solidarité au Burkina Faso,organisé par notre Coordination et accueilli par l’Association des femmes du Burkina « Kébayina » que nous avons rencontré ces ouvrières pour la première fois, en février 2004. Elles nous ont raconté alors l’exploitation et les brimades qu’elles subissaient.

 

Dès cette rencontre, nous nous sommes toutes senties concernées et nous avons pris la décision de mener cette lutte avec elles. Nous nous sommes chargées de la mener ici en France, en liaison permanente avec elles, solidaires entre femmes, solidaires entre nos deux peuples, solidaires entre travailleuses : depuis le début, leur combat a été le nôtre, et aujourd’hui, nous sommes fières de dire que leur victoire est aussi la nôtre, la coordination des groupes de femmes « Égalité » mais aussi de toutes les organisations de femmes, organisations syndicales, associations de solidarité, ou simples client(e)s d’Yves Rocher, qui ont participé et se sont investi (e)s pour que cette lutte aboutisse à un succès.

 

Pour la Coordination « Égalité », l’internationalisme est un des piliers du féminisme. Solidarité avec les femmes du monde entier ! Oui, mais solidarité notamment avec les femmes africaines, de par le rôle que la France a joué et joue encore dans ce continent, à travers le colonialisme et le néocolonialisme, qui loin d’avoir été bénéfique pour les peuples africains (comme voudrait que nous l’enseignions à nos enfants une certaine loi de février 2005 !) ont signifié et signifient toujours domination et exploitation, et ce sont les femmes africaines qui en subissent les conséquences les plus lourdes. Cette campagne a été pour nous une occasion de faire passer l’internationalisme dans la vie.

 

Cette campagne a aussi été pour nous l’occasion de montrer dans de nombreuses villes de France, une Afrique débout ! Des femmes ouvrières qui s’organisent, des femmes ouvrières soutenues par leur syndicat, la CGT-B, – dans un des pays les plus pauvres du monde – et qui résistent à un groupe français, Yves Rocher.

 

C’était aussi pour nous un combat pour faire respecter la dignité des femmes ouvrières burkinabé. En tant qu’organisation de femmes, nous revendiquons le droit au travail pour toutes les femmes, en France mais aussi en Afrique. A savoir, le droit au travail avec des conditions et des salaires corrects en France mais aussi en Afrique ! La lutte des ouvrières de « La Gacilienne » est un exemple car elle est un grain de sable dans le mécanisme de l’exploitation internationale qui met en concurrence les travailleuses et les travailleurs du monde entier.

 

C’est par des échanges permanents entre elles et nous que nous avons suivi ensemble l’avancée de cette campagne.

Notre combat au coude à coude, nous a permis de hisser au devant de la scène celles qui quotidiennement subissent mais aussi combattent le fléau de la politique néolibérale au niveau international.

Durant 4 mois, il y a eu lutte et solidarité, elles sont indissociables ; la solidarité ne pouvait pas s’organiser si les ouvrières de « La Gacilienne » n’avaient pas décidé de résister et, pour elles, la solidarité était indispensable car c’est en s’attaquant à l’image de marque du groupe français, là où il a son siège, là où il a sa clientèle, que nous pouvions faire pression pour l’obliger à négocier avec les ouvrières et leur faire des propositions.

 

Cette victoire regonfle le moral de toutes celles et ceux qui s’opposent à la mondialisation. Malgré les kilomètres qui nous séparent, nous sommes proches, car nous sommes dans le même camp. A la veille du 8 mars et en pleine offensive des idées et des pratiques néolibérales dont les femmes paient partout le lourd tribu, nous devons utiliser cette victoire comme un point d’appui pour faire partager nos convictions, et pour entraîner plus de femmes à nos côtés.

 

Les ouvrières de la Gacilienne se sont battues, elles ont gagné !

 

La solidarité par-delà les frontières s’est exprimée activement, elle a permis de l’emporter ! Ensemble nous avons fait plier le groupe Yves Rocher !

Le 24 janvier 2005

Coordination des Groupes de Femmes Egalité

Foyer de Grenelle, 17 rue de l’Avre, 75015 Paris,

 coorfemmes@yahoo.com