Solidaire international > Belgique

 

Belgique   Panorama syndical

mise à jour : avril 2006

 

Population : 10,397 millions

Nombre de syndiqués : 3,150 millions

Taux de syndicalisation : entre 58 % et 65 %

 

Il y a plus de trois millions de syndiqués en Belgique. Ce chiffres prend en compte non seulement les retraités mais également les chômeurs : les allocations chômage sont payées dans 88 % des cas par le biais des syndicats, et cela contribue bien sûr à la syndicalisation des chômeurs.

L’organisme belge de recherche CRISP estime qu’en 2000, 65 % des salariés ayant un emploi étaient syndiqués, tandis qu’une étude réalisée par l’Université de Gent avance un chiffre de 58 %. Quoi qu’il en soit, le taux de syndicalisation en Belgique est parmi les plus élevés de l’Union européenne. Il est par ailleurs à peu près stable depuis la fin des années 1970.

Les syndicats, et en particulier la CSC/ACV, la principale confédération, ont été capables ces dernières années d’accroître le nombre de leurs adhérents, augmentant ainsi le taux global de syndicalisation.

En plus d’effectuer le versement des allocations chômage à leurs adhérents, les syndicats leur garantissent le paiement d’indemnités en cas de grève, à condition que celles- ci répondent à certains critères. Des caisses de grève gérées par les syndicats sont constituées à cet effet.

Les syndiqués ont par ailleurs accès à une série de prestations : informations sur le droit du travail et les conditions de travail, assistance juridique gratuite, primes à l’occasion de certains événements (mariage, naissance, départ à la retraite, décès, etc.), prime annuelle payée par l’employeur pouvant représenter plus de la moitié des cotisations annuelles, etc.

La plus petite des confédérations, la CGSLB/ACLBV d’orientation libérale, propose même des séjours en centre de vacances, des cartes de paiement privilège, une réduction pour acheter du carburant dans certaines stations, etc. Le taux global de syndicalisation masque toutefois d’importantes disparités : 95 % de syndiqués parmi les ouvriers, 59 % dans les services publics, 44 % chez les employés.

 

LES CONFÉDÉRATIONS SYNDICALES

  Nombre de membres Orientation dominante Suffrages obtenus en 2000 Pourcentage d'élus en 2000
CSC/ACV 1,736 million Chrétienne 52% 57%
FGTB/ABVV 1,287 million Socialiste 33% 33%
CGSLB/ABCLBV 0,225 million Libérale 10% 6%

 

On trouve également une organisation destinée aux seuls cadres et agents de maîtrise, la CNC/NCK, qui est beaucoup plus petite avec 20 000 membres et 1 % des élus.

La répartition en nombre d’élus amplifie légèrement la prédominance de la confédération chrétienne car le système électoral favorise légèrement les syndicats les plus importants.

La CSC/ACV (chrétienne) et la CGSLB/ACLBV (libérale) ont tendance à progresser lentement au détriment de la FGTB/ABVV (socialiste).

Les confédérations proviennent de traditions très différentes.

 L’adhésion à un syndicat s’accompagne de l’adhésion à une mutuelle et du vote pour un parti politique de même tendance. Malgré cela, les deux principales confédérations travaillent fréquemment ensemble avec succès. On retrouve un certain nombre de leurs militant(e)s dans les Forums Sociaux mondiaux et européens.

 

LA DIMENSION LINGUISTIQUE

 

Une des caractéristiques des relations sociales en Belgique, qui affecte toutes les dimensions de la société belge, est la division linguistique entre francophones, flamands (néerlandophones), ainsi qu’une petite minorité de langue allemande.

La législation sociale est toujours décidée au niveau national, mais tous les organismes et organisations liées aux relations sociales ont un nom et un sigle dans chacune de ces langues. Il en va de même pour les partis politiques qui se sont même parfois divisés sur cette base en organisations séparées.

Le poids et le nombre d’adhérents des deux principales confédérations ne sont pas répartis uniformément dans l’ensemble du pays. Traditionnellement, la CSC/ACV(chrétienne) est principalement implantée dans le Nord néerlandophone, et la FGTB/ABVV (socialiste) dans le Sud francophone. En dépit de cela, la CSC/ACV (chrétienne) a maintenant davantage d’élus que la FGTB/ABVV (socialiste) dans les «conseils d’entreprise » de chacune des trois régions de la Belgique.

 

LA STRUCTURATION DES CONFÉDÉRATIONS

 

Les deux principales confédérations sont composées de syndicats distincts. Les travailleurs manuels du secteur privé sont organisés par branche d’industrie, avec des syndicats de la métallurgie, de l’alimentation, etc. Ceux n’ayant pas un travail manuel sont organisés dans un syndicat distinct dans chacune des ces deux confédérations, et toutes les deux ont un syndicat spécifique pour les salariés des services publics.

La CSC/ACV (chrétien) est plus centralisée que la FGTB/ABVV (socialiste) dans laquelle chaque syndicat dispose d’une considérable autonomie : chacun d’entre eux dispose par exemple de sa propre caisse de grève.

La confédération libérale CGSLB/ACLBV a environ le quart de ses membres dans les services publics. Elle n’est pas organisée par syndicats de branche.