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Rencontres avec le syndicat de protection civile du Snapap

 

mise à jour : janvier 2007

Rencontre avec le syndicat de la protection civile du Snapap

 

Les syndiqués du Snapap et d’autres syndicats autonomes subissent brimades, mises à pied, révocations, pressions, exils et sont dénigrés jusque dans leurs familles. Ils sont hommes, femmes, cadres, ouvriers, infirmiers, pompiers, professeurs des collèges et sont proches ou non du gouvernement. Ce sont les mêmes paroles qui reviennent. Ils ont un courage et une force de caractère qui doivent nous servir de leçon.

 

Alors que seul le syndicat unique UGTA représentait les pompiers algériens, en mars 2003, trois agents de la protection civile algérienne décidèrent de constituer la section Union nationale de la protection civile du Snapap. Dès sa création, la section fut accueillie favorablement par les agents qui y adhérèrent en masse. Ils sont aujourd’hui 6 800 sur un total de 36 000 agents du corps de la protection civile.

La Direction générale de ce corps, après quelques mois de mutisme, reconnaît en mars 2004 l’existence de la section syndicale suite aux menaces du Snapap d’organiser un "sit-in" devant la Direction générale de la protection civile à Alger. La direction finit par accorder des détachements aux membres du bureau national.

 

Le Snapap a déposé très rapidement une plate-forme revendicative portant sur :

 

En mars 2004, le Snapap dénonce des entraves et des violations de la loi sur les droits syndicaux, les pressions sur les agents qui se trouvent sur la liste, les brimades des représentants etc.

En marge de cette situation, un des problèmes principaux est la gestion des œuvres sociale des pompiers qui représente 3% du total de la masse salariale et dont ne profite qu’une infime proportions d’agents de la protection civile. Les membres du Snapap demandent que des représentants de leur syndicat participent à sa gestion et s’appuient pour cela sur un rapport de l’Inspection générale des finances qui dénonce la gestion non conforme des sommes. La Direction générale a elle-même porté plainte contre la branche UGTA de la protection civile pour malversation et, depuis, c’est le silence judiciaire.

 

En août 2004, l’UGTA demande l’annulation des détachements du Snapap et la fermeture de leur siège national. La Direction générale de la protection civile obtempère. Suite à cela, le bureau national Snapap organise en décembre un "sit-in" devant la direction générale de la protection civile algérienne à Alger. Le jour même le président et le vice-président sont suspendus de leurs fonctions. Le premier s’est depuis exilé en France suite à des menaces d’emprisonnement et le deuxième est toujours en attente que son dossier passe en justice. Depuis cette manifestation, beaucoup de membres de la protection civile n’osent plus déclarer ouvertement leurs appartenances au Snapap et seules quelques personnes revendiquent et militent pour le personnel de la protection civile.

 

D’autres membres du bureau national sont, depuis février 2005, suspendus de leurs activités pour fait de grève suite à l’organisation d’un "sit-in" devant la caserne pour réclamer la remise en état de la cuisine de leur centre. Malgré une première décision, en juin 2005, de la justice algérienne de relaxe de ces agents et malgré l’arrêt rendu par la cour d’appel de Sidi Bel Abbes, le 4 octobre dernier, ceux-ci ne peuvent toujours pas se rendre librement à leur travail. Les agents suspendus ne perçoivent plus de salaire et vivent avec leurs familles en dépendant de l’aide d’autres syndicalistes ou de parents proches.

 

La syndicalistes du Snapap Protection civile souhaitent