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Rencontres avec les syndicats des Finances du Snapap

 

mise à jour : janvier 2007

 

Rencontre avec le syndicat des finances du Snapap

 

Les militants des finances du Snapap nous ont dressé un tableau édifiant de ce ministère «sensible » car responsable de la collecte de l’impôt. Confrontés là aussi à la répression syndicale ils ont beaucoup de mal à développer leurs critiques face à une administration qui privilégie de façon honteuse les hauts revenus du pays. Appliquant le système de prélèvement d’office pour les salariés, l’État Algérien s’est doté d’une fiscalité injuste qui pèse lourd sur les faibles revenus. Les impôts indirects ont un poids bien plus important que les impôts directs. L’administration est gangrenée par la corruption, le syndicat nous a cité la réponse d’un haut responsable «dissident » : « que voulez-vous que l’on change ? Tout le ministère ?».

 

L’administration des finances est répartie en sept grandes directions générales : les impôts, les domaines, le budget, le trésor, les douanes, la planification et le cadastre. Elle est en principe surveillée par la Cour des comptes. De nombreuses directions sont comme en France décentralisées. Les centres fiscaux sont répartis sur l’ensemble du territoire algérien.

 

Le Snapap finances est la principale force syndicale même si certains agents n’osent pas dire qu’ils appartiennent à cette organisation de peur de représailles. Du coup, nos camarades constatent une démobilisation qui les inquiète.

La gestion des carrières est décentralisée, ce qui rend difficile une mobilisation. Pourtant, grâce au Snapap, les fonctionnaires ont obtenu récemment une augmentation de salaire. Aujourd’hui un contrôleur des impôts algérien perçoit en fin de carrière entre 230 et 250 euros. Ailleurs, un ingénieur chimiste bac+5 ne perçoit que 150 euros par mois. La moyenne des salaires en Algérie se situe à 120 euros par mois !

 

Nous avons pu constater que nos deux administrations des finances sont engagées dans un même processus de réformes qui tend à réduire la présence des services sur le terrain et à les détourner de leur rôle fondamental de service public redistributeur de richesses. Le Syndicat national unifié des impôts (Snui) pourrait engager un processus d’échanges d’informations sur l’évolution fiscale et l’évolution sociale, nos camarades algériens étant très demandeurs de ce genre d’informations. L’opinion partagée d’une fiscalité pesant sur les pauvres et exonérant les riches devrait nous rapprocher dans nos combats et analyses. Nous devons manifester notre solidarité envers leur combat pour la reconnaissance du droit syndical. Nous en sommes convaincus, c’est tous ensemble, libres d’être, libres d’agir, libres de dénoncer que nous pourrons construire un monde plus juste et plus solidaire.