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Communiqué de Solidaires suite à son voyage en Algérie

 

mise à jour : janvier 2007

 

Communiqué de Solidaires Mission de l’Union syndicale Solidaires en Algérie

Une délégation de l’Union syndicale Solidaires s’est rendue en Algérie du 27 novembre au 1er décembre 2006 à l’invitation du principal syndicat autonome, le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap). Cette délégation était composée de responsables nationaux de Solidaires et des organisations suivantes : Syndicat national unifié des impôts (Snui), SUD-Éducation, SUD Collectivités territoriales, SUD Pompiers, SUD PTT, Syndicat national des journalistes (SNJ).

 

Cette mission a permis de rencontrer les différents syndicats autonomes algériens et la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH). La délégation a été reçue par la direction de deux grands quotidiens nationaux, El Watan et El Khabar. Un premier bilan a été fait sur place à Alger vendredi 1er décembre lors d’une conférence de presse. Aujourd’hui, alors même que la Constitution algérienne prévoit explicitement le principe des libertés syndicales (article 90-2), celui-ci n’est pas respecté en Algérie. Les syndicats autonomes sont victimes d’entraves à leur activité syndicale, de harcèlement et de répression contre leurs militants. Le droit de grève et de manifestation n’existe pas aujourd’hui dans les faits en Algérie.

 

 

Le gouvernement algérien s’est félicité de la signature d’un « pacte social et économique » il y a quelques mois entre le gouvernement, le patronat et l’UGTA, seule centrale officiellement reconnue et qui entretient des liens très étroits avec le pouvoir. Ce pacte prévoit une « trêve sociale de 4 ans » ! Il est révélateur d’une absence totale de dialogue social reposant sur une vraie légitimité des partenaires sociaux. En refusant de reconnaître officiellement les syndicats autonomes qui sont aujourd’hui en Algérie les vrais syndicats majoritaires, le pouvoir algérien entretient une démocratie de façade, alors même que le peuple algérien aurait besoin de plus de démocratie pour maîtriser réellement et collectivement son avenir.

 

Le développement des inégalités sociales, de la précarisation, de la pauvreté s’ajoute à un chômage important. Les politiques menées par le gouvernement algérien, sous pression du FMI et des grandes puissances comme la France et les États-Unis, vont dans le sens d’un affaiblissement du secteur public au profit des multinationales étrangères dans la production et la distribution des ressources nationales algériennes. Cela aura aussi pour conséquence de rendre plus difficile pour la population l’accès aux droits essentiels comme l’eau, l’énergie, la santé ou le logement.

Pourtant l’Algérie est un pays riche qui dispose de ressources naturelles importantes : l’utilisation de cette manne financière se fait dans l’opacité la plus totale et les richesses du pays sont de plus en plus accaparées par une minorité qui détient aujourd’hui les leviers économiques et politiques du pays.

 

A l’issue de cette mission, l’Union syndicale Solidaires s’engage à construire une coopération permanente avec les syndicats autonomes algériens, en particulier avec le Snapap et ses différentes branches, pour faire connaître leur situation et leurs luttes, leur apporter une solidarité chaque fois qu’ils seront en butte à toute forme de discrimination ou de répression et faire avancer les libertés syndicales en Algérie. Il s’agit aussi d’élaborer ensemble des analyses et des mobilisations communes face aux politiques libérales qui sévissent en Algérie comme en France.

 

Paris, le 6 décembre 2006