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Allemagne    

mise à jour : avril 2006

 

LE MOUVEMENT SYNDICAL ALLEMAND ET L’EUROPE

Article écrit à la demande de Solidaires par Willi Hajek TIE (1) - Allemagne 1 15 août 2005

 

La question de l’Union européenne ne joue pas un rôle central dans les débats quotidiens et dans les luttes en Allemagne. C’est plutôt l’indifférence qui domine. On entend toutefois souvent des critiques envers la bureaucratie en place à Bruxelles, et sur laquelle les peuples et les travailleurs n’ont aucun contrôle. A ce jour, il n’y a pas eu de débat populaire autour de l’Union Européenne et du Traité constitutionnel. Au sein des syndicats, des débats commencent autour de la directive Bolkestein, et même le gouvernement de Schroeder avait pris position contre cette directive. Mais ce débat ne traverse pas la majorité des travailleurs. Les attaques contre le droit du travail, et particulièrement le droit du licenciement, visent à développer la concurrence et augmenter la compétitivité de l’économie allemande dans l’économie mondiale. C’est surtout ce sujet qui est débattu dans les media, parmi les patrons et aussi les syndicalistes impliqués dans la cogestion. Toutes les centrales syndicales ont pris position pour le Traité, mais ils n’ont pas tellement popularisé leur point de vue, car il y a un grand scepticisme parmi les travailleurs envers l’Union Européenne. En même temps, il y a peu d’informations sur le mouvement du « Non » en France et en Hollande, ou dans d’autres pays. Et surtout, dans les journaux syndicaux, le silence est fait sur les activités et les positions des syndicats français. Dans les rédactions des journaux syndicaux, il est presque impossible de publier un article sur les nouvelles formes de syndicalisme en France ou ailleurs. Le succès du Non lors des référendum en France et au Pays-Bas a trouvé un écho très favorable parmi la population allemande. Oskar Lafontaine, un des responsables du nouveau parti de gauche (et ancien président du SPD), a exigé l’organisation d’un référendum en Allemagne.

 

Mais la gauche syndicale, ne s’est pas beaucoup engagée dans la campagne contre le Traité. C’est surtout Attac qui s’est exprimé contre le Traité : déclarations communes avec des personnalités, actions symboliques dans la rue, etc. Le nouveau parti de gauche notamment par la voix d’Oskar Lafontaine, ancien ministre des finances dans un gouvernement social-democrate, a également pris ouvertement position contre le Traité et pour le « Non » dans les pays où un référendum était organisé. Le poids de ces forces syndicales et associatives a augmenté dans les derniers mois. Mais il est assez difficile pour une partie de cette gauche syndicale de se libérer de la tutelle des structures établies et de gagner une réelle autonomie dans sa réflexion et son action. La critique de l’homme de la rue, et de beaucoup de travailleurs et de sans-emploi, envers les appareils syndicaux est souvent beaucoup plus forte et radicale que celle de la gauche syndicale. Celle-ci est en effet en partie confortablement installée et nourrie par les appareils et cherche davantage à sauver le syndicalisme cogestionnaire qu’à préparer une rupture et créer un autre type de syndicalisme. Les évènements les plus populaires dans les derniers mois en Allemagne ont été des grèves sauvages chez Mercedes et chez Opel, des manifestations le lundi (2) et d’autres actions où le mouvement est parti de la base et a créé des structures autoorganisées.

 

1) : TIE (Transnationals Information Exchange) est un réseau international offrant un espace à des syndicalistes pour échanger des informations, des opinions et des stratégies en vue contre le néolibéralisme. http://www.tie-netherlands.nl/wat_is_tie/french.html

 

2) Les manifestations du lundi ont rassemblé des dizaines de milliers de manifestants contre les réformes anti-sociales de la coalition SPD-Grünen. http://alternativelibertaire.org/index.php?dir=journal/al133&page=133_15.htm&n=1