Le livre 1 du Capital de Karl Marx


Source anglaise : The Pelican Marx Library. Capital Volume 1
Publié en association avec la New Left Review.

Une introduction d'Ernest Mandel (1976)

Traduction de l'anglais en cours (Jack Radcliff). Juillet 2020

 


Introduction
1. Le dessein du Capital
2.. La méthode du Capital
3. Le plan du Capital
4. Le plan du livre 1
5. La théorie marxiste de la valeur
6. La découverte clé de Marx : la théorie de la plus-value
7. La théorie du capital de Marx
8. La théorie de Marx sur l'accumulation du capital
9. La théorie de Marx sur les salaires

Introduction

Quand le livre 1 du Capital a été publié pour la première fois, l'industrie capitaliste, bien que prédominante dans quelques pays d'Europe occidentale, apparaissait encore comme un îlot encerclé par une mer immense de fermiers indépendants et d'artisans recouvrant le monde entier, y compris la plus grande partie de l'Europe. Pourtant, ce que voulait expliquer Le Capital de Marx, c'était surtout la brutalité et l'irrésistible croissance qui caractérisent la production en vue du profit privé et la domination du profit dans l'accumulation du capital. Depuis que Marx a écrit cet ouvrage, l'industrie et la technologie capitaliste se sont répandues dans le monde entier. Non seulement se sont accrus la richesse matérielle et les possibilités de libérer définitivement l'humanité du poids d'un travail vide de sens, répétitif et mécanique , mais également la polarisation de la société entre des possesseurs du capital, de moins en moins nombreux, et des travailleurs manuels ou intellectuels obligés de vendre leur force de travail à ces possesseurs. La concentration de la richesse et du pouvoir aux mains d'un petit nombre de géants industriels et de compagnies financières a amené avec elle une lutte de plus en plus universelle entre le capital et le travail.

Régulièrement la classe bourgeoise et ses idéologues ont pensé avoir trouvé la pierre de la sagesse et se sont cru capables d'annoncer la fin des crises et des contradictions sociales et économiques du système capitaliste. Mais malgré les techniques keynésiennes, malgré les multiples et diverses tentatives d'intégrer la classe ouvrière dans le capitalisme tardif, voila déjà plusieurs décennies que le système apparaît encore plus sujet aux crises que du temps où Marx écrivait le Capital. De la guerre du Vietnam aux dérèglements du système monétaire mondial;,du soulèvement de luttes ouvrières radicales en Europe occidentale depuis 1968 jusqu'au rejet des valeurs et de la culture bourgeoise par un grand nombre de jeunes à travers le monde, des crises écologiques et énergétiques aux récessions économiques récurrentes : il n'y a pas besoin de regarder bien loin pourvoir que l'apogée du capitalisme est terminée. Le Capital explique pourquoi l'aiguisement des contradictions du système était aussi inévitable que sa croissance impétueuse. En ce sens, contrairement à une croyance bien établie, Marx est beaucoup plus un économiste du vingtième siècle que du dix-neuvième. Aujourd'hui le monde occidental est beaucoup plus proche du "pur" modèle du Capital qu'il ne l'était du temps où il a été écrit. ■