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Le syndicalisme aux USA : la nécessité de pratiques et de perspectives renouvelées

Catherine Sauviat*

mise à jour : janvier 2007

 

Le syndicalisme aux USA : la nécessité de pratiques et de perspectives renouvelées

 

L’affaiblissement du syndicalisme américain s’illustre en premier lieu par une perte régulière des effectifs syndiqués depuis les années 1960, perte particulièrement accentuée dans le secteur privé où ces derniers représentent aujourd’hui moins de 8 % des salariés, contre plus de 35 % au début des années 50 (1). Si le syndicalisme français n’a de ce point de vue rien à lui envier, les conséquences qui découlent de cette faiblesse de la représentation syndicale de part et d’autre de l’Atlantique ne sont en rien les mêmes. L’influence du syndicalisme français ne se résume pas en effet au taux de syndicalisation. Elle passe par bien d’autres canaux liés à l’extension des conventions collectives de branche à l’ensemble des salariés (syndiqués ou pas), à la présence des syndicats dans de nombreux organismes de consultation ou de gestion paritaire au niveau national, ou encore à leur capacité politique à mobiliser. Tel n’est pas le cas du syndicalisme américain.

Un syndicalisme focalisé sur la négociation collective

Pour des raisons historiques, la faiblesse du syndicalisme américain et son incapacité à représenter la classe ouvrière dans son ensemble ont conduit les syndicats à privilégier la négociation collective et à développer de fait des pratiques gestionnaires et bureaucratiques, au bénéfice exclusif de leurs membres. Les États-unis sont de tous les grands pays industrialisés, celui où la « prime syndicale » est la plus forte (2). Cette stratégie s’est consolidée au détriment de pratiques et d’actions situées à un niveau plus directement politique et du développement de liens tissés avec la société civile et les mouvements sociaux. Il n’y a que les syndicats du secteur public qui fassent exception. Ces derniers affichent en effet un taux de syndicalisation de 35 %, lié également au fait que les employeurs publics n’utilisent pas les tactiques anti-syndicales ayant libre cours dans le secteur privé. Ce syndicalisme « de services aux adhérents » a montré de fait une indifférence, sinon une hostilité aux grands mouvements sociaux des années 1960-70, celui pour les droits civiques et les différents mouvements en faveur des droits des minorités. Cette attitude a d’ailleurs contribué largement au développement d’actions pour la défense et l’affirmation des droits individuels fondés sur l’appartenance ethnique ou sexuelle, en lieu et place des droits collectifs attachés au statut de travailleur défendus par les syndicats. Ce choix a conduit également le syndicalisme à configurer et à soutenir un système de protection sociale fondé non pas sur l’État providence à l’instar de la plupart des grands pays industrialisés mais sur l’Entreprise providence.

Ce syndicalisme puise donc principalement sa force dans l’exercice de la négociation contractuelle. Ce qui explique que les syndicats qui négocient localement en soient les acteurs clés, aux côtés des puissantes fédérations de branche ou de métiers quand les négociations ont lieu à ce niveau. Ces derniers veillent à défendre leurs intérêts et leurs « parts de marché » (y compris en allant chasser des adhérents sur les terres des autres) et tirent principalement leur pouvoir des avantages contractuels négociés localement pour leurs membres. En contrepartie, les conseils syndicaux centraux (CLC) qui représentent les structures syndicales interprofessionnelles en région ne jouent qu’un rôle de coordination, à l’occasion de grèves ou de campagnes organisées sur les lieux de travail. Ils sont en général dépourvus de pouvoir. Ce qui explique également que la confédération AFL-CIO n’ait jamais eu les pouvoirs et l’influence des grandes centrales françaises. Le niveau confédéral fédère en fait des syndicats jaloux de leur indépendance (3). Ne vivant que des cotisations reçues de ses membres affiliés, il a peu de prise sur eux.

Un contexte juridique radicalement hostile

Le problème majeur est que la négociation collective s’est toujours exercée dans un face à face inégal avec l’employeur, dont l’État a dressé les règles du jeu (loi Wagner en 1935, révisée à la baisse en 1947), mais dans lequel il ne s’immisce guère, une fois ce cadre minimaliste fixé. Institutionnalisée dans l’après-guerre (1949), la négociation se limite en outre le plus souvent au seul champ de l’entreprise et en son sein, aux seuls espaces où les syndicats sont implantés (4). La négociation d’un « contract » (accord d’entreprise dans la plupart des cas) est en effet subordonnée à l’élection préalable d’un syndicat, lequel doit avoir conquis de haute lutte sa représentativité en obtenant la majorité des votes des salariés concernés, dans un contexte particulièrement hostile (5). Une fois élu, un syndicat peut parfois attendre plusieurs années avant d’engager une négociation et conclure un accord avec l’employeur, ce dernier n’hésitant pas à user de toutes les formes possibles de résistances (6). De ce point de vue, l’adhésion à un syndicat ne relève pas d’un choix individuel comme en France ; il résulte d’un choix collectif à l’issue d’un vote qui établit la représentativité du syndicat. La désignation de ce dernier est l’expression du choix majoritaire des salariés dans l’entreprise, qui en devient le représentant exclusif dans l’unité de négociation appropriée. De même, un accord collectif doit toujours être ratifié par les salariés concernés, à la différence là encore de la France. Ceci suppose que les représentants syndicaux locaux soient quelque peu attentifs aux revendications de leur base, au risque d’être contestés et de perdre leur leadership, même si les accords dans les grandes entreprises sont en général négociés par les leaders nationaux (7).

L’environnement anti-syndical peut également se lire à travers les conditions d’exercice de la grève. Son usage est strictement limité au cadre de la négociation collective (8) et se veut un moyen de pression économique et non pas l’expression d’un droit fondamental comme en France (voir article de Steve Early). D’ailleurs, l’employeur peut à tout moment licencier les grévistes et utiliser l’arme du lock-out. Le geste de Ronald Reagan, ordonnant en 1981 le licenciement des 11 000 aiguilleurs du ciel en grève et les remplaçant immédiatement par des travailleurs non-grévistes, a non seulement signé le coup d’envoi de la répression anti-syndicale mais a marqué également le début du déclin des grèves. De toutes celles qui se sont produites depuis lors, peu ont connu une issue victorieuse à l’exception toutefois de celle très offensive organisée par le syndicat des camionneurs (Teamsters) en 1997 chez le prestataire privé de services postaux, UPS. Mais elle aura été finalement suivie de peu d’effets en dépit des espoirs qu’elle a pu susciter à l’époque, tant du point de vue des pratiques grévistes que plus largement du renouvellement des pratiques syndicales.

Une perte d’efficacité de la négociation collective liée au déclin des syndicats

La négociation collective a indéniablement permis une amélioration du niveau de vie de la population salariée américaine pendant les Trente Glorieuses. Mais d’une part, elle l’a fait pour une frange limitée de cette population, essentiellement masculine et blanche. D’autre part, force est de constater qu’il n’en est plus de même depuis les années 1980. Le champ d’influence de la négociation collective s’est en effet considérablement rétracté avec le déclin syndical. Le choix d’avoir fait de la négociation collective – de surcroît au niveau de l’entreprise - la pierre angulaire de l’activité syndicale a considérablement fragilisé le syndicalisme américain à partir des années 1980. En effet, celle-ci va se dérouler dans un contexte de plus en plus défavorable aux salariés. Les entreprises, soumises à une pression concurrentielle redoublée sur des marchés de plus en plus déréglementés et mondialisés, n’ont eu de cesse de chercher à réduire leurs coûts et à faire peser en permanence sur les travailleurs la menace des délocalisations dans les États du Sud où la législation sociale est la plus faible et de façon croissante à l’étranger (voir article de Tim Costello). Les secteurs de l’industrie manufacturière, davantage exposés à la concurrence mondiale que les activités de services, ont été particulièrement touchés. Mais certaines activités ou fonctions de services, aisément externalisables, grâce au développement des technologies de l’information et des télécommunications, ne sont pas à l’abri du phénomène de délocalisation.

Le renouvellement des accords collectifs, depuis les années 1980, témoigne ainsi d’une tendance ininterrompue aux concessions salariales (étant souvent supportées par les nouveaux embauchés), facilitée par les stratégies syndicales de coopération avec le management. De sorte que non seulement les salaires réels connaissent une stagnation depuis plusieurs décennies mais de surcroît, le nombre de salariés couverts par des dispositifs de protection sociale d’entreprise diminue irréversiblement : ils ne sont plus que 59 % en 2005 à être couverts par une assurance santé tandis que la proportion de ceux qui bénéficient d’un dispositif traditionnel de retraite complémentaire n’est plus que de 21 % (50 % si l’on y ajoute les plans d’épargne salariale qui ne sont pas de véritables régimes de retraite). Le secteur automobile et la stratégie développée par le syndicat UAW (United Auto Workers) chez les trois grands de l’automobile américaine (General Motors, Ford et Daimler Chrysler) sont particulièrement révélateurs de cette tendance à la dégradation des normes salariales. Cette situation est aggravée par la loi sur les faillites qui autorise les employeurs à dénoncer les accords existants et à remettre en cause tous les acquis obtenus par les syndicats pour leurs membres (voir l’article de Dianne Feeley sur Delphi). En outre, les restructurations massives opérées actuellement par ces grandes entreprises laissent les travailleurs syndiqués face à des choix individuels sur lesquels les syndicats se retrouvent sans prise : accepter ou non les indemnités de départ offertes par les employeurs pour se débarrasser d’une main d’œuvre devenue trop coûteuse dans un contexte de surcapacité productive. Pourtant, la perte occasionnée par ces départs potentiels n’en affaiblira que plus l’UAW.

Une influence politique faible, doublée d’une subordination au parti démocrate

Dans le cas américain, cette forte autonomie contractuelle a été acquise aux dépens de l’exercice d’une influence au plan politique. Dans ce pays de tradition libérale où la question sociale ne s’est jamais posée en tant que telle et où les idéologies socialistes ont rencontré peu d’échos, le syndicalisme a toujours peiné à obtenir une législation qui lui soit un tant soit peu favorable. D’une part, il est resté largement en dehors des mouvements sociaux qui ont ponctué certains moments de l’histoire américaine, et qui auraient pu l’aider à dépasser cette culture gestionnaire, à adopter des pratiques plus contestataires et revendicatives, et à militer pour des réformes sociales d’envergure telles que l’adoption d’un système de santé public. D’autre part, il a privilégié les liens avec le Parti Démocrate, ce qui ne l’a guère incité à sortir du bipartisme en vigueur et à créer un parti politique représentatif des intérêts des travailleurs et autonome des deux partis traditionnels. Car l’orientation de plus en plus conservatrice et ouvertement pro business d’une partie des Démocrates n’a pas toujours conduit au vote de réformes législatives en faveur des intérêts des syndicats. Non seulement le président Clinton (au pouvoir entre 1993 et 2000) a été, par exemple, incapable de faire passer la réforme du système de santé au milieu des années 1990, mais il a de plus contribué à l’avènement du Traité de libre échange nord-américain (Alena) en dépit de l’hostilité des syndicats. Il a, en outre, impulsé une réforme de l’aide sociale en remettant en cause le maigre filet de sécurité qui protégeait les populations les plus fragilisées socialement, notamment les mères célibataires.

La victoire de novembre 2006 des Démocrates au Congrès a néanmoins été saluée par les deux confédérations syndicales issues de la scission de 2005 (9). AFL-CIO et Change To Win, désormais concurrentes, espèrent néanmoins toutes deux du nouveau Congrès un infléchissement de l’environnement législatif en faveur des syndicats. L’une des questions cruciales et urgentes est le relèvement du salaire minimum, qui est resté inchangé depuis 1997 (5,15 $). Cette situation est largement responsable du développement des « travailleurs pauvres » aux États-unis, que les campagnes organisées autour de l’exigence « d’un salaire d’existence » tentent de pallier (voir article de Stephanie Luce). D’autres enjeux législatifs sont tout aussi importants. L’un d’eux concerne l’« Employee Free Choice Act », proposition législative introduite en 2005 mais n’ayant pas recueilli suffisamment de soutien auprès des membres du précédent Congrès. Elle vise notamment à donner aux syndicats le droit de faire signer librement aux salariés une demande d’être représentés par un syndicat si la majorité d’entre eux y est favorable, situation qui n’est possible actuellement que si l’employeur est d’accord. Il s’agit d’une procédure plus rapide et plus sûre que celle, longue et incertaine, d’accréditation auprès de l’agence chargée de l’application de la loi Wagner, le National Labor Relations Board (NLRB). L’autre mesure concerne l’abrogation de la réglementation introduite par ce même NLRB, qui permet désormais aux employeurs de reclassifier certains salariés dans la catégorie d’agent de maîtrise, les privant ce faisant du droit de se syndiquer (10) et plus largement le nécessaire renforcement du Wagner Act, la seule loi qui protège les droits des syndicats et de leurs adhérents. Car les salariés américains n’ont pas tous le droit de se syndiquer, notamment ceux qui exercent des responsabilités de gestion (l’équivalent des cadres en France) ou qui sont investis d’un pouvoir de commandement (agents de maîtrise).

Un nécessaire élargissement des forces syndicales à de nouvelles alliances

Le Sud des USA est devenu le nouveau cœur industriel du pays, la plupart des constructeurs automobiles y ont par exemple délocalisé leur activité autrefois concentrée dans le Michigan (région des grands lacs près de la frontière canadienne). Leur principale motivation est que les salaires y sont parmi les plus faibles du pays car les syndicats y sont traditionnellement peu implantés. Les États en question (Arizona, Texas, Louisiane, Mississipi, Alabama, Georgie, etc.) ont en effet voté, après la deuxième guerre mondiale, des lois anti-syndicales appelées de « droit au travail » qui fragilisent considérablement les syndicats. Elles autorisent notamment les salariés à bénéficier de la protection de l’accord d’entreprise quand il existe, sans pour autant devoir adhérer au syndicat et payer une cotisation. Depuis les années 50, les syndicats, à l’exception d’UNITE, avaient en général renoncé à s’implanter dans cette partie des USA.

Il est donc urgent pour les syndicats de multiplier les campagnes de syndicalisation dans l’ensemble du pays, auprès des travailleurs des secteurs manufacturiers (11), mais aussi de ceux des secteurs des services qui sont parmi les plus faiblement rémunérés (travailleurs des call centers, gardiens d’immeubles ou chauffeurs de bus scolaires), dont beaucoup sont des travailleurs immigrés, parfois sans papier.

Le syndicat des services (SEIU) est particulièrement actif auprès de ces populations, notamment grâce à sa campagne Justice For Janitors lancée au milieu des années 1980, et popularisée par le film « Bred and roses » de Ken Loach. Durant les deux dernières décennies, il est parvenu à négocier des conventions collectives pour les gardiens d’immeuble dans 25 villes américaines. Le SEIU a été à l’origine de l’organisation de la toute récente grève à Houston (Texas), l’un de ces États du Sud ayant voté une loi de « droit au travail». Plus d’un millier de gardiens d’immeubles, principalement latino-américains, se sont mis en grève pendant un mois (du 23 octobre au 21 novembre 2006) et ont fait plier les employeurs concernés, obtenant des augmentations de salaires et l’accès à une assurance maladie grâce à l’action du syndicat.

Avec beaucoup de retard, l’AFL-CIO a fini par comprendre les enjeux et a opéré un tournant historique en 2000 vis-à-vis des immigrés, les reconnaissant désormais comme une composante croissante et essentielle de la main d’œuvre ouvrière (15 % aujourd’hui), ainsi qu’une force potentielle pour le syndicalisme américain. L’AFL-CIO et « Change to Win » ont d’ailleurs décidé d’apporter leur soutien à la syndicalisation des travailleurs journaliers de l’agriculture, principalement des immigrés dont la plupart sont en situation irrégulière. Dans ce domaine également, les syndicats ne peuvent compter sur leurs propres forces, de plus en plus limitées. Ils ont tout intérêt, et certains l’ont compris davantage que d’autres, à s’unir à des mouvements sociaux plus larges, à l’instar de « Jobs With Justice » (voir article de Russ Davis) ou des groupes activistes à l’initiative des « Workers Centers » (12) (voir article de Dan La Botz), qui sont précisément organisés pour venir en aide aux populations les plus précarisées et pour défendre leurs droits fondamentaux.

En dépit de son affaiblissement et de cinquante années de pratiques gestionnaires et clientélistes qui ont réduit certains syndicats au statut de compagnie d’assurance agissant pour la protection des salaires et des avantages sociaux de leurs membres, le syndicalisme américain reste néanmoins la seule institution capable de contrecarrer le pouvoir exorbitant des employeurs et de lutter contre les inégalités économiques et sociales. Sa revitalisation suppose l’élargissement et la remobilisation de la base syndicale ainsi qu’une revivification du fonctionnement démocratique interne aux syndicats. Elle passe également par le développement d’alliances élargies avec les mouvements sociaux les plus dynamiques et les plus progressistes, ceux qui luttent pour le droit des femmes et des minorités, ou pour le respect de l’environnement.

 

* Catherine Sauviat est économiste. Son activité de recherche est centrée sur les rapports entre la mondialisation, l’emploi, les rémunérations, et la gouvernance des entreprises. Elle a publié de nombreux articles sur le monde du travail aux USA. http://www.ires-fr.org/files/ires/equipeires.htm 

 

Notes

 

1. Voir le graphique figurant dans l’article « quelques repères » de ce numéro.

2. Les travailleurs syndiqués du secteur privé ont obtenu en 2005 des gains hebdomadaires de près d’un quart plus élevés (23,1 %) que leurs collègues non-syndiqués d’après les statistiques du Ministère du travail (BLS). Voir également l’article «quelques repères» de ce numéro.

3. De ce point de vue, le fait que coexistent aujourd’hui deux structures confédérales, l’AFL-CIO créée en 1955 et « Change to Win », issue en 2005 du départ de plusieurs syndicats dissidents, ne change rien à cet état de fait.

4. En fait, les unités de négociation peuvent être de simples divisions, des établissements ou l’entreprise toute entière. La négociation collective de branche ou à l’échelle d’une région existe aussi mais elle est moins fréquente que la négociation d’entreprise. En revanche, il n’y a pas de négociation interprofessionnelle, en l’absence d’un patronat structuré au plan national, comme en France.

5. Un rapport de l’American Rights at Work, sur la syndicalisation dans la zone métropolitaine de Chicago, constate que 30 % des employeurs confrontés à des campagnes d’organisation ont licencié les travailleurs impliqués dans cette activité et 49 % ont menacé de fermer, ou de relocaliser, leur activité si les travailleurs choisissaient de former un syndicat. En outre, le nombre d’élections syndicales gagnées par les syndicats a diminué de moitié depuis les années 1970.

6. Il est ainsi estimé que 45 % des syndicats nouvellement implantés échouent à négocier un accord collectif dans les deux années qui suivent leur élection.

7. Et c’est précisément ce qui s’est produit dans des secteurs en crise comme la sidérurgie, où une remise en cause croissante des élus locaux a pu être observée à la suite des concessions salariales négociées dans les accords, cf. « Local Unions Leaders Bear Brunt Of Workers’Ire Over Givebacks », The Wall Street Journal, June 26, 2006.

8. Il a été interdit aux employés du gouvernement fédéral par la loi Taft-Hartley de 1947. Les Etats peuvent également voter des lois rendant la grève illicite pour les travailleurs relevant du secteur public à l’instar de la loi Taylor dans l’Etat de New York.

9. A cette occasion, trois des plus importants syndicats affiliés à l’AFL-CIO, le SEIU (Service Employees International Union), les camionneurs (Teamsters) et l’UFCW (United Food and Commercial Workers) avaient décidé de quitter la centrale pour former « Change To Win ». Plus tard, quatre autres syndicats les ont rejoints : le syndicat du textile,-hôtel restaurants–blanchisseries (Unite-HERE), le syndicat des charpentiers (UBCJA) et celui des travailleurs agricoles (UFWA).

10. Cette décision a été prise par le NLRB en septembre 2006 par un vote de 3 membres (Républicains) contre 2 (Démocrates). Elle vise notamment le groupe professionnel des infirmières mais pas seulement.

11. L’UAW a commencé de s’intéresser de plus près à la syndicalisation des travailleurs de l’automobile dans les Etats du Sud, et a remporté certaines campagnes d’organisation.

12. Ce sont des structures d’aide aux communautés de travailleurs pauvres, apparues à la fin des années 1970, et dont certaines sont spécialisées dans l’aide aux migrants.